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Reading: L’affaire Dreyfus en Suède aux XXe et XXIe siècles – présence et référence

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L’affaire Dreyfus en Suède aux XXe et XXIe siècles – présence et référence

Author:

Hans Färnlöf

Stockholm University, SE
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Abstract

Cette étude cherche à donner une image de la présence de l’affaire Dreyfus dans la vie culturelle en Suède aux XXe et XXIe siècles et à s’interroger sur son statut discursif et imaginaire durant la même période. L’étude puise tout son matériau dans deux bases de données et la presse numérisée de la Bibliothèque Royale de Suède. Après une introduction rapide à la réception initiale de l’affaire Dreyfus, à la fin du XIXe siècle, sont d’abord relevées, jusqu’à nos jours, les manifestations continuellement liées à l’affaire Dreyfus : adaptations, traductions, éditions et autres manifestations dans la vie culturelle et populaire. L’analyse de l’emploi de l’affaire Dreyfus montre ensuite que celle-ci fonctionne comme point de référence incontournable pour décrire un phénomène sociétal qui se rapproche du drame original (notamment des scandales judiciaires et des affaires d’espionnages) tout en étant souvent décontextualisé quant à ses implications idéologiques. Enfin, l’étude de la dénomination et de la présentation de l’affaire durant les XXe et XXIe siècles semble indiquer une tendance vers l’approximation et une certaine méconnaissance à partir des années 1970, à condition de voir les articles de presse comme un indicateur du savoir encyclopédique présumé du lectorat.

How to Cite: Färnlöf, H. (2020). L’affaire Dreyfus en Suède aux XXe et XXIe siècles – présence et référence. Nordic Journal of Francophone Studies/ Revue Nordique Des Études Francophones, 3(1), 13–21. DOI: http://doi.org/10.16993/rnef.29
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  Published on 19 Jun 2020
 Accepted on 28 May 2020            Submitted on 13 Dec 2019

Introduction

La périodisation de cette étude, qui englobe tout sauf les phases les plus intenses de l’affaire Dreyfus (1894–1899), peut naturellement étonner le lecteur. Or, la délimitation chronologique s’explique par le fait que nous avons déjà traité en détail le phénomène de l’affaire Dreyfus en Suède lors de ses premières phases (Färnlöf 2020). Dans la présente étude, seule une première partie brève sera consacrée à cette phase initiale, et ce pour présenter succinctement au lecteur le fond duquel se détachera le traitement ultérieur de l’affaire en Suède, sujet non exploré dans la recherche antérieure. Par ce choix, nous espérons aussi proposer des perspectives complémentaires pour aborder l’affaire Dreyfus. En effet, nos trois entrées pour cerner cet évènement capital – sa présence continue, son rôle de référent-clé, son statut dans la mémoire collective – nous semblent peu usitées dans les études antérieures.

Afin d’opérer une synthèse de sa présence continue dans la vie intellectuelle et culturelle en Suède, nous effectuerons un relevé des manifestations diverses (parutions de livres, adaptations, présence dans des contextes populaires, etc.) qui y sont liées durant les XXe et XXIe siècles. Nos sources principales ont été les bases de données LIBRIS, Artikelsök et avant tout Svenska Dagstidningar. LIBRIS regroupe les bibliothèques d’enseignement supérieur en Suède, ce qui permet de repérer éditions, traductions, ouvrages et un certain nombre d’études. Artikelsök recense plus particulièrement des études de revues scientifiques et populaires, et inclut aussi des articles de journaux. Les études et les articles affichés sont soumis à un contrôle de qualité et ils proviennent pour la plupart des trois dernières décennies. Enfin, Svenska Dagstidningar rassemble la presse quotidienne suédoise en version numérisée, du XVIIe siècle jusqu’à nos jours. Disponible au public par les soins de la Bibliothèque royale, cette base de données inclut plus d’une centaine de quotidiens pour l’année 1900 et plus de trois cents pour les années les plus récentes. Comme elle constitue notre source principale, nous voudrions brièvement commenter quelques paramètres importants liés à la fiabilité de nos recherches opérées.

Le moteur de recherche mis en place par la Bibliothèque royale permet seulement de chercher des mots isolés, comme « Dreyfus », « Zola » ou « Esterházy ». Toutefois cela veut dire qu’on peut également effectuer des recherches sur certains syntagmes simples en français dans les cas où ces syntagmes ne forment qu’un seul lexème en suédois. C’est le cas de « l’affaire Dreyfus », qui se traduit en suédois par Dreyfusaffären. Cependant, si l’on effectue uniquement une recherche sur « l’affaire Dreyfus », on aura des résultats pertinents mais incomplets, puisque cela omettrait toutes les occurrences où l’on parle simplement de « Dreyfus ». Nous avons donc effectué de multiples recherches isolées, soit par nom propre (Dreyfus, Zola, etc.) soit par nom composé (l’affaire Dreyfus, le cas Dreyfus, le procès Dreyfus, etc.).

Le fait que la recherche n’est pas thématique constitue une autre difficulté. C’est-à-dire qu’on rencontrera, dans le cas de « Dreyfus », toutes les occurrences confondues de ce nom, nonobstant le contexte. Cela veut dire que les résultats se décuplent, au moins, durant les années 1990 et 2000 par le simple fait que l’actrice Julia Louis-Dreyfus, qui joue dans la série télévisée éminemment populaire Seinfeld, apparaît dans les tableaux d’émission qui accompagnaient alors la section « Divertissement » dans les journaux. Cela donne un matériau abondant qui demande beaucoup de temps à parcourir, et dont la richesse augmente le risque que telle notice sur « notre » Dreyfus passe inaperçue parmi la masse des occurrences. Ajoutons que la recherche du logiciel s’applique sur des journaux scannés, ce qui peut parfois rendre plus difficile la reconnaissance de tel mot (de plus, il existe vers le tournant du XXe siècle des journaux qui utilisent toujours une typographie basée sur des lettres gothiques). Loin d’être exhaustive, notre énumération des manifestations diverses est donc plutôt indicatrice d’une certaine activité continue autour de l’affaire Dreyfus, ce que corrobore aussi son emploi fréquent comme nom phare dans la presse.

Nous compléterons ce survol par quelques observations sur la façon dont l’affaire a pu servir de point de repère et de référence dans la presse pour décrire un phénomène sociétal qui se rapproche de l’affaire Dreyfus. Il ne s’agira pas de présenter les opinions ou les jugements sur l’affaire, mais de décrire sa manifestation discursive en tant que sujet réapproprié par le lecteur. En d’autres mots, sera présentée la manière avec laquelle on se réfère concrètement à l’affaire ou à son utilisation pour décrire un autre événement. Cette partie sera suivie par une réflexion sur l’appropriation de l’affaire, en allant de la période initiale, celle où Dreyfus était « l’homme le plus connu du monde », jusqu’à nos jours.1 Nous serons alors attentif à tout emploi de dénomination et de présentation qui présuppose un certain degré de connaissance du sujet, de même que la valeur illustrative associée à l’affaire.

L’affaire Dreyfus à l’aube du XXe siècle

Déjà commentée lors de sa première phase, en 1894–1895, l’affaire Dreyfus sera l’objet de notices et d’articles quasiment journaliers lors de la reprise du procès entre la fin de 1897 et la fin de 1899.2 Les journaux les plus importants (Dagens Nyheter, Svenska Dagbladet, Sydsvenska Dagbladet, Aftonbladet, entre autres) contiennent des écrits relatifs à ce sujet tous les deux ou trois jours durant les périodes les plus intenses de l’affaire. D’abord traité de « traître » dans maintes notices durant 1894–1895, Dreyfus sera malmené seulement par quelques journaux isolés durant la période 1897–1899, notamment par Stockholms Dagblad, Dagens Nyheter et Sydsvenska Dagbladet. Les antidreyfusards sont assez modérés : nous avons trouvé seulement une polémique ouvertement antisémite, dans Stockholms Dagblad. Cependant, vu la richesse du matériau, il faudra entreprendre une étude approfondie pour vérifier l’éventuelle existence d’articles semblables dans d’autres journaux.3 De toute façon, la grande majorité des intellectuels, dont la plupart des critiques de la presse, était dreyfusarde lors de la reprise du procès. En témoigne un télégramme de soutien à Zola, signé par soixante écrivains, artistes et hommes politiques, publié les 10 et 11 mars 1898 dans plusieurs journaux, avec le texte suivant (notre traduction) : « Sous l’impression vive de Votre bataille courageuse pour la cause de la justice, qui a conduit à une défaite apparente, mais qui – nous l’espérons – finira par conduire à la victoire de la vérité, nous Vous adressons les expressions de notre sympathie et admiration sincères ».

Ajoutons qu’on ne saurait caractériser le climat littéraire en Suède sans rappeler l’impact de ses voisins, le Danemark et la Norvège. Dans ce temps de « scandinavisme », les rapprochements se font dans maints domaines, entre autres dans les arts et la littérature.4 Aussi publie-t-on dans les journaux suédois les écrits des deux acteurs principaux de l’époque, Björnsson (Norvège) et Brandes (Danemark).5 Björnsson intervient en mars et en avril 1898 pour soutenir Zola et Dreyfus.6 Il écrit une lettre ouverte à Zola, publiée le 20 avril 1898 dans Svenska Dagbladet ; il en adresse une autre, dithyrambique, à Dreyfus, publiée dans plusieurs journaux suédois les 25 et 26 septembre 1899. Brandes (par ailleurs lui-même d’origine juive) compose plusieurs articles de débat pour soutenir l’écrivain, dont certains sont publiés en Suède durant cette même période. 7

Ce petit résumé illustre l’intérêt très considérable en Suède pour l’affaire Dreyfus à la fin du XIXe siècle, ce qui laisse supposer qu’en raison de l’abondante diffusion de la presse au début du XXe siècle, tout citoyen passablement avisé est informé de cette affaire ou en connaît au moins les gros traits. En effet, le nombre de journaux en Suède double entre 1865 et 1890, d’une centaine de titres jusqu’à environ deux cents. De plus, la fondation de Dagens Nyheter en 1864 a révolutionné le monde des quotidiens (Linder 2014). Offrant des abonnements à bas prix, étant distribué à la maison déjà le matin et s’étalant aussi en dehors de la ville et des régions locales (celles de Stockholm, en l’occurrence), ce journal atteint un tirage de 25.000 exemplaires déjà en 1884 (Stockholm comptait alors moins de 300.000 habitants). Il sera dépassé par un autre journal populaire, Stockholms-Tidningen, qui atteint les 100.000 exemplaires vers 1900. Une quinzaine d’années plus tard, en 1914, Dagens Nyheter tourne autour de 70.000 exemplaires.

La présence de l’affaire Dreyfus

Venons-en maintenant au statut de l’affaire Dreyfus dans les quelque 120 années qui ont suivi les deux procès initiaux. En premier lieu, on peut constater que l’intérêt de l’affaire Dreyfus ne s’est pas démenti par la suite. Ce sont parfois des facteurs clairement « externes » qui engendrent des articles dans la presse. La destinée des gens impliqués dans l’affaire, la sortie d’un livre en France, le centenaire de « J’accuse » en 1998, etc. appellent bien naturellement des notices ou des articles dans les journaux en Suède. Pour ce qui est du monde de l’édition, l’ouvrage sur l’affaire Dreyfus par Alfred, Lucie et Pierre Dreyfus est traduit en 1938 (Dreyfus 1938) et l’ouvrage de référence en suédois sur l’affaire Dreyfus, de Franzén, paraît en 1983 (Franzén 1983). Précisons ici que ce dernier ouvrage, écrit en suédois, présente l’affaire Dreyfus en France, sans analyser sa réception en Suède. Les deux ouvrages mentionnés sont ensuite édités sous forme de livres sonores en 2007 (Dreyfus 2007 ; Franzén 2007). Enfin, « J’accuse », qui avait été traduit déjà en 1898, paraît aussi en livre sonore en 2007 (Zola 2007), suivi par une édition imprimée en 2015 (Zola 2015).

Pour la plupart des manifestations relatives à l’affaire, il est difficile de dire dans quelle mesure elles sont la conséquence d’une influence de l’étranger ou non (à moins d’étudier chaque cas à part, ce qui n’entre pas dans le cadre de cette étude). Quoi qu’il en soit, on a pu voir en Suède des diffusions de films sur l’affaire (1908, 1915, 1931), des adaptations de l’affaire Dreyfus au théâtre (1899, 1929,8 19759 et 2003), à la radio (1952, 1980 et 2013) et à la télévision (1996, le ballet de Whyte), où l’on a également diffusé des documentaires (1972, 1995 et 1996). Il est frappant de voir l’étendue chronologique de ces manifestations, allant de 1899, donc d’une année où la vérité est toujours « en marche », jusqu’en 2013.

L’affaire Dreyfus a aussi été présente dans des contextes plus « populaires ». En 1958, elle a constitué un des sujets de l’émission télévisée populaire, « La question à 10.000 couronnes », où les participants devaient répondre à des questions relatives à leur sujet d’expertise. Encore les dernières années, dans la presse quotidienne, le sujet apparaît dans des mots croisés et des quiz (une personne « mystérieuse » qu’il faut identifier à l’aide d’indices, par exemple). Le sujet est aussi souvent inclus dans des anthologies sur des histoires de procès, d’espionnages, de traîtres et de scandales judiciaires (Villius 1961 ; Lagerberg 2000). De plus, il apparaît occasionnellement dans des revues d’histoire de vulgarisation (Journath 2008 ; Lundberg 2013, Overbye 2013). Enfin, on peut mentionner deux exemples plutôt anecdotiques. Le journal régional Tidningen Ångermanland (le 2 juin 2018, p. 29) rapporte qu’il existe un rocher nommé d’après Dreyfus ; au début du siècle dernier, pour des raisons qui nous sont inconnues, on a nommé une confiserie d’après le capitaine (Torell 2007) !

L’affaire Dreyfus comme point de repère discursif

Dès la fin du XIXe siècle, les journalistes suédois utilisent l’affaire Dreyfus comme point de repère discursif pour désigner des évènements qui montrent des affinités avec elle, que ce soit en Suède ou ailleurs. Elle sert ainsi de référence pour caractériser d’autres cas qui entretiennent des rapports divers avec le procès original. En catégorisant les renvois, on pourrait distinguer les cas suivants principaux, d’après les formulations dans la presse :

  • Les cas qui sont comparables, en général, avec l’affaire Dreyfus : 1919, 1921, 1923, 1926, 1927, 1932, 1933, 1935, 1946, 1951, 1957, 1958, 1972, 1973, 1975, 2016, 2017, 201810
  • Les cas qui ne sont pas aussi importants que l’affaire Dreyfus ou qui ne sont pas véritablement des affaires Dreyfus : 1910, 1926, 1927, 1944, 1957, 1960, 201611
  • Les cas qui sont encore plus graves que l’affaire Dreyfus : 1923, 1936, 197912

La distribution dans ces trois catégories n’est pas l’essentiel (des catégorisations plus fines auraient donné un tableau plus précis). Ce qu’il importe de noter, c’est la fréquence et la longévité de l’affaire Dreyfus comme point de référence. Nous venons de lister une petite trentaine de cas, et il en reste certainement d’autres qui nous ont échappé parmi toutes les occurrences repérées, que le moteur de recherche n’a pas pu détecter ou qui figurent dans la presse non encore numérisée. Or, les cas retrouvés constituent déjà un nombre considérable de renvois discursifs, d’autant plus que la même affaire peut être comparée à l’affaire Dreyfus dans plusieurs journaux la même année (dans les notes, nous avons désigné un seul journal qui représente les renvois à l’affaire Dreyfus de telle ou telle année).

Nous avons annoncé un repérage de l’emploi de Dreyfus comme référence chez les journalistes, et cela pour des raisons liées à l’acte pragmatique de communiquer un message au public (voir ci-dessous). La raison en est qu’il nous semble que l’emploi journalistique est plus révélateur du statut discursif et encyclopédique de l’affaire Dreyfus. On peut alors objecter que, parmi nos occurrences, ce nom a bien pu être mentionné non par le journaliste pour s’adresser au lecteur, mais par telle personne ou tel intellectuel qui fait référence à l’affaire Dreyfus, par exemple dans une interview. Cependant nous avons exclu de nos résultats ces types de cas. Nous avons ainsi repéré uniquement des cas où le journaliste est l’énonciateur, s’adressant à son lectorat, sous forme par exemple de chronique, de reportage, de commentaire, etc.

Certes, l’emploi seul du nom « Dreyfus » n’implique pas nécessairement que le lecteur est au courant de l’affaire Dreyfus, mais comme tout article de presse participe d’une communication qui vise la transmission d’une information, et donc le partage du lecteur, son emploi indique fortement le statut « encyclopédique » de l’affaire. C’est un évènement que le lecteur devrait connaître – mot qu’on peut ici prendre en deux sens : le lecteur est censé connaître Dreyfus, et s’il ne le fait pas, il aurait dû le faire (ou bien il devrait se renseigner sur l’affaire). Ainsi, quand on écrit dans Aftonbladet, le 9 mars 1958, que la justice a commis une erreur « à la Dreyfus », cet emploi fonctionne comme un signal discursif qui affirme et établit la connaissance de l’affaire Dreyfus comme faisant partie d’une normativité liée au savoir général.

Ajoutons aussi que, comme les journalistes décrivent à la fois des affaires suédoises et des affaires étrangères, il n’est pas possible de décider s’il s’agit d’un emploi proprement « suédois ». C’est-à-dire que tel journal a bien pu reprendre le discours de la presse étrangère, où l’on a déjà pu parler d’une « affaire comparable à Dreyfus ». Néanmoins, la présence de l’affaire Dreyfus comme point de référence dans la presse suédoise, que ce soit un emprunt ou non, montre jusqu’à quel point son caractère est censé orienter le lecteur en question dans son appropriation des autres cas présentés.

Nous avons commencé par repérer uniquement les cas où l’on compare tel cas judiciaire ou telle histoire d’espionnage avec l’affaire Dreyfus. Dans le même esprit, on peut trouver la dénomination d’individus ou de cas « Dreyfus » où l’on utilise le nom du capitaine comme antonomase (« un Dreyfus suédois », par exemple) ou épithète (« une nouvelle affaire Dreyfus », par exemple). Le procédé est usuel, comme en témoignent les exemples suivants (nous les rangeons par pays d’après l’ordre chronologique de leur première apparence) :

  • Allemagne : 1897, 1907, 1912, 1926, 195213
  • Turquie : 190914
  • Russie : 1909, 191315
  • Espagne :1909, 191116
  • France : 1911, 1912, 1913, 1918, 1951, 199417
  • États-Unis : 1915, 1952, 1964, 197218
  • Danemark : 1926, 198019
  • pays nordiques : 192720
  • Suède : 1932, 1936, 1942, 1944, 1947, 1950, 1951, 1954, 1957, 1958, 1961, 1974, 1976, 1992, 199421
  • Autriche : 193522
  • Finlande : 1946, 197723
  • Angleterre : 195524
  • Italie : 1957, 1968, 199725
  • Belgique : 197326
  • Afrique de Sud : 198127
  • Pologne : 200128

Comme on peut le voir, l’affaire Dreyfus s’instaure comme référence discursive dès que nous entrons dans la deuxième phase du procès, avec la reprise de l’affaire en 1897. S’il est tout à fait compréhensible de voir la pratique se prolonger quelques années même après l’acquittement définitif du capitaine – qu’il s’agisse de comparer tel cas avec l’affaire Dreyfus pour mesurer son importance ou bien de qualifier tel nouveau cas d’affaire Dreyfus « suédoise », « allemande », etc. –, c’est-à-dire dans un temps où l’affaire était toujours d’une actualité récente, on pourrait s’étonner d’apercevoir qu’elle se poursuit jusqu’à nos jours.

Par ailleurs, si l’on peut contempler ces qualifications de Dreyfus suédois, allemands, danois, etc. avec un certain amusement, le fond est tout à fait sérieux. Afin de juger de la résonance d’un phénomène dans la société, il importe d’analyser non seulement ce qu’on en dit, mais aussi comment on en parle. Le fait d’utiliser l’affaire Dreyfus comme référence discursive nous indique qu’elle a eu un statut exceptionnel dans la représentation des procès judiciaires en Suède. Comme nous venons de le suggérer, on aurait sans doute tort de limiter ce statut à ne concerner que la couche intellectuelle : tout journaliste s’adresse à un lectorat et nourrit l’ambition d’être compris par ses lecteurs. De ce fait, l’emploi de Dreyfus comme référent « évident » devrait refléter, dans une large mesure, aussi son statut auprès des lecteurs.29

Pour les deux types d’emploi décrits ci-dessus (Dreyfus comme point de repère pour mesurer l’importance d’un autre scandale judiciaire ou comme épithète simple pour orienter le lecteur sur le caractère du cas traité), on doit émettre la même réserve : il ne s’agit pas forcément d’une création de la presse suédoise, il peut tout autant s’agir de simples reprises d’écrits étrangers. De plus, il ne s’agit pas forcément, dans chaque cas repéré, d’une nouvelle affaire, puisque la presse peut bien entendu revenir sur un cas plus tardivement, même après l’écoulement de plusieurs années. On peut néanmoins faire remarquer que, si telle affaire spécifique s’est figée par une caractérisation où l’on renvoie désormais à Dreyfus et que la presse recourt toujours à cette épithète pour désigner de nouveaux cas, cela souligne toujours la portée communicative de l’affaire Dreyfus comme point de repère.

« Dreyfus » sert donc de référence. La question est de savoir à quoi se réfèrent exactement les journalistes. Jusqu’ici, nous avons suivi le discours journalistique « à la lettre » sans mettre en question le jugement du journaliste ni nous interroger sur la nature précise de tel cas comparé à l’affaire Dreyfus. Et, vu la fréquence de l’emploi, il va sans dire qu’il faudrait entreprendre un travail considérable de documentation et de lecture pour savoir ou pour juger quelle était la relation exacte de tel procès ou de tel cas avec l’affaire Dreyfus. Alors, sans pouvoir nous prononcer sur le rapport exact qu’entretiennent toutes ces affaires ou tous ces avec l’affaire Dreyfus, il nous semble intéressant d’essayer de cerner au moins les contours de cet emploi, ce qui nous conduit à nous interroger sur le « statut imaginaire » de l’affaire Dreyfus à travers le discours journalistique.

Le statut « imaginaire » de l’affaire Dreyfus

On peut entamer la discussion sur l’imaginaire de l’affaire Dreyfus par un constat évident : cette affaire n’aurait pas constitué un évènement qui engagea toute l’Europe, voire le monde occidental entier, si elle n’avait pas mis en relief et problématisé de nombreuses questions qui étaient alors au cœur de préoccupations sociétales : le système judiciaire, les droits du citoyen, l’antisémitisme, le militarisme, le nationalisme, les rapports internationaux, etc. À cela, nous pouvons confronter la perspective discursive, pour ne pas dire stylistique, que nous venons d’introduire en analysant « Dreyfus » comme antonomase, donc comme représentant d’un certain sens, enfin comme comparant. Il va presque sans dire que la complexité de l’affaire Dreyfus ne saurait être conservée dans un tel emploi figuratif, qui tend à circonscrire seulement quelques aspects du comparant et en délaisser d’autres. C’est cette « stylisation » de l’affaire Dreyfus que nous souhaitons discuter dans cette dernière partie, puisqu’elle semble être constitutive d’un certain « statut imaginaire » de l’affaire Dreyfus.

À défaut d’avoir étudié en profondeur la masse d’affaires auxquelles renvoient les journalistes, nous sommes ici contraint d’esquisser des tendances qui nous semblent apparentes. On peut commencer par revenir aux Dreyfus nationaux (« un Dreyfus suédois ». « le Dreyfus allemand », etc.). S’il semble concevable de voir apparaître un scandale judiciaire à portée nationale, puisque le cas devrait logiquement présenter un individu et ses rapports avec les institutions d’un pays, on voit mal comment on pourrait parler, comme on l’a fait, de Dreyfus régionaux et d’un Dreyfus supranational. Pourtant nous avons eu droit à un Dreyfus de Småland, région du sud de la Suède, à un autre du Tyrol et enfin à un Dreyfus des pays nordiques.30 Dans les premiers cas, on a seulement retenu certains éléments du procès ; dans le dernier cas, l’épithète semble vouloir indiquer que le procès en question serait le « pire » ou le « plus grave » qu’on n’aurait jamais vu dans les pays concernés.

Autant dire que l’on peut entrevoir un emploi « métaphorique » du nom de Dreyfus, comme comparant approximatif pour toute sorte de comparé du moment qu’il s’agit d’un procès injuste, d’un scandale judiciaire ou d’une affaire d’espionnage. L’affaire semble avoir été souvent « dépolitisée » : on retient avant tout le drame de l’individu faussement accusé et donc le dysfonctionnement du système judiciaire, parfois avec une touche kafkaïenne, avec l’individu seul face au système bureaucratique aveugle et impersonnel. La dimension idéologique, avec son contexte original concernant l’antisémitisme, le militarisme, le conservatisme, le système politique, etc. semble souvent moins probante.

Ainsi, le contexte initial du procès, avec ses nombreuses implications politiques, ethniques et idéologiques, semble s’être détaché du nom de Dreyfus, qui en fin de compte ne garde que son statut de protagoniste dans un drame judiciaire injuste (peu importe quel en est l’enjeu). Insistons sur ce point : il ne s’agit pas tant d’une vulgarisation de l’affaire, selon laquelle on en donnerait une explication simplifiée (quoique cela puisse également arriver, bien entendu), mais d’une dé-contextualisation, qui ne retient que la trame. Cela voudrait dire que la signification de l’affaire n’est plus la même, tout simplement parce qu’on connaît finalement de moins en moins de l’affaire. En termes linguistiques, l’extension d’une ou deux propriétés sémantiques du signe (au détriment du référent complexe auquel le signe renvoyait au départ) permet une application plus générale de celui-ci.

Est-il possible de tracer une évolution par laquelle l’affaire Dreyfus est devenue de plus en plus décontextualisée ? Nous ne saurons le dire dans le cadre de cette brève étude (cela constitue plutôt la problématique d’une thèse de doctorat) ; il faudrait bien entendu entreprendre une étude qualitative détaillée des nombreuses occurrences relatives à Dreyfus afin de pouvoir établir un bilan plus valide et documenté. En revanche, nous pouvons nous permettre de noter, pour clore cette étude, un certain glissement de la référence au cas Dreyfus à partir des années 1970 environ.

En effet, au cours du dernier demi-siècle apparaît un certain nombre d’occurrences où l’affaire Dreyfus semble avoir perdu son statut d’évènement connu, voire parfaitement connu par le lecteur. On voit de plus en plus de phrases ajoutées pour expliquer au lecteur l’affaire Dreyfus.31 On est alors très loin d’énoncés tels que nous pouvons le trouver dans Dagens Nyheter, le 29 mai 1923, où l’on constate que Dreyfus a été acquitté « comme nous le savons tous ». Précisons qu’il existe bien des articles qui sont écrits après les années 1970 et qui présupposent la connaissance de l’affaire Dreyfus, même si l’on voit apparaître plus fréquemment des explicitations.

Ce n’est pas seulement les lecteurs qui ne connaissent peut-être pas l’affaire Dreyfus. Les journalistes semblent eux aussi méconnaître les antécédents de l’affaire quant à sa présence continuelle dans la presse depuis un siècle. L’emploi déjà commenté, qui consiste à renvoyer à l’affaire Dreyfus au travers des années, rend bien ironiques les propos de certains journalistes qui ne connaissent pas le passé de l’affaire dans le monde de la presse. On peut ainsi trouver parfois des formules qui voudraient que tel pays ait enfin eu sa propre affaire Dreyfus. Cela serait par exemple le cas de l’Italie (d’après un article dans Dagens Nyheter, le 22 février 1997) et pour la Suède (Svenska Dagbladet, le 15 janvier 1994). Comme nous l’avons vu, ces cas en question sont bien précédés par d’autres « Dreyfus italiens » et « Dreyfus suédois » durant le XXe siècle. Ceci vaut en particulier pour la Suède, où un journaliste s’est demandé déjà en 1957 à combien de Dreyfus on avait eu droit au cours des dernières cinq ou six années.32

Fait plus grave, et toujours à partir des années 1970, on peut trouver parfois des erreurs factuelles, plus ou moins importantes. Dans Expressen, le 20 mai 1973, on déclare que Dreyfus a été jugé innocent plus de vingt ans après le jugement initial ; dans Aftonbladet, le 1er mars 1975, on compare un procès actuel avec le scandale Dreyfus « du début du 20e siècle » ; dans Expressen, le 26 juin 1980, on explique que Dreyfus a été accusé et déclaré innocent « beaucoup d’années plus tard » ; dans Svenska Dagbladet, le 15 janvier 1994, on peut apprendre que Dreyfus a été accusé au tribunal bien que le gouvernement sût qu’il était innocent, ou du moins que le capitaine n’était pas seul coupable ; dans Dagens Nyheter, le 21 janvier 1994, on lance le terme jusque-là inexistant de « dreyfusian » ; dans Aftonbladet, le 22 mars 2002, on compare avec le capitaine Dreyfus une femme qui avait soupçonné une fraude et qui était allée rapporter le cas aux forces de l’ordre. Autant de glissements et d’imprécisions par rapport à l’évènement historique tel qu’il s’est déroulé. Ceci est d’autant plus étonnant que l’affaire Dreyfus se revêt parfois de proportions inouïes en ce qui concerne son rôle de repère juridique. Dans son compte rendu d’un roman judiciaire, Jeffmar (1994 : 2) liste par exemple trois grands procès historiques qui seraient à réviser : ceux de Socrate, de Jésus-Christ et de Dreyfus !

On se doit enfin de noter l’ouvrage sur le fascisme en France par Clinell (1999), journaliste et reporter politique en France de longue date. En raison de ses nombreuses erreurs factuelles, son ouvrage a été sévèrement critiqué – avec raison – par Rosin et Froman (1999). Pour ce qui est de l’affaire Dreyfus, on peut en effet y lire que Zola et Dreyfus, tous les deux emprisonnés, furent finalement acquittés en 1906 ! Ce propos erroné a passé sous les yeux de cinq lecteurs correcteurs de la maison d’édition de Dagens Nyheter, qui jouit pourtant d’une réputation solide dans le monde culturel, sans que personne n’ait noté cette erreur notable (et bien d’autres aussi flagrantes), ce qui en dit long sur la culture générale de ces lecteurs et ce qui nous donne simultanément encore une perspective quant au statut de l’affaire Dreyfus dans nos temps modernes, de cet homme qui était, autrefois, « l’homme le plus connu du monde ».33

Conclusion

Au terme de notre relevé de la presse suédoise, et plus précisément de la part qui reste disponible grâce à la numérisation de la Bibliothèque royale, on peut constater que l’héritage de Dreyfus reste vivant par des manifestations diverses : adaptations, documentaires, films, articles dans des revues populaires et ainsi de suite. Nous avons aussi pu voir jusqu’à quel point l’affaire sert de référence pour désigner une injustice faite ou une possible injustice, en Suède comme ailleurs, de même qu’elle sert de point de comparaison pour décrire des cas proches ou des histoires semblables. Le choix d’employer ces références montre que les journalistes pensent que le lecteur est capable de s’orienter grâce à ses connaissances préalables de l’affaire Dreyfus.

Cela nous amène, directement ou indirectement (en fonction du rôle qu’on accorde à la représentativité du discours journalistique), à ce qu’on pourrait appeler le « statut imaginaire » de l’affaire Dreyfus en Suède. C’est-à-dire qu’on peut supposer que l’emploi de certaines formules relève d’une idée, chez le journaliste, fondée sur la connaissance présupposée de l’affaire chez le lecteur. Ce dernier apparaît dans cette perspective comme un lecteur « modèle », tout comme le journaliste fait figure d’auteur « modèle » ; non pour ce qui est de l’intention créatrice ou de l’interprétation du récit, comme c’est le cas dans la méthodologie d’Eco (1985), mais comme vecteurs énonciatifs du statut de l’affaire Dreyfus tel qu’il est reflété par les renvois textuels. C’est du moins la partie prise méthodologique qui a guidé cette partie de l’étude.

Enfin, si l’on voit dans la presse, jusqu’à nos jours, un constant retour à ce cas judiciaire, on peut noter, à partir des années 1970 environ, un certain besoin d’éclaircir les lecteurs sur les données de l’affaire ainsi que l’apparition plus fréquente d’imprécisions et d’erreurs concernant celle-ci. Ce « statut discursif », tel que nous l’avons décrit, nous semble une piste propice à suivre pour élucider encore l’impact de l’affaire Dreyfus, qui s’est modifié durant l’Histoire et qui restera par définition fluctuant. Finissons par insister sur le fait que, dans cette modulation constante de l’Histoire, les études savantes contribuent à former l’image du passé tout comme celles du présent et de l’avenir. Nous espérons avoir contribué, par cette étude pourtant générale, à établir l’état des lieux de la documentation liée à l’affaire Dreyfus en Suède tout en renouvelant la discussion d’un cas judiciaire en prise aux simplifications, aux imprécisions et à l’oubli.

Notes

1D’après l’adjectif en suédois omtalad (on aurait peut-être pu traduire ceci aussi par l’homme le plus « médiatisé »), dans Aftonbladet, le 7 décembre 1934. Par ailleurs, de nombreuses références aux journaux suédois seront données en note, pour ne pas encombrer le texte courant d’énumérations d’années de parution. 

2Pour des raisonnements plus détaillés sur les faits évoqués dans cette partie, voir Färnlöf (2020). 

3Lors de la conférence à l’université de Stockholm en novembre 2019, on a aussi évoqué la possibilité d’y ajouter Upsala Nya Tidning. 

4Comme le souligne Wingård, (1982 : 107), « Ni avant ni après, les contacts entre les pays scandinaves n’ont été si fréquents et si suivis que pendant les vingt dernières années du XIXème siècle ». 

5Pour Björnsson et Dreyfus, voir Hagtvet (1998) ; pour Brandes, voir Stender Clausen (1994). 

6Socialdemokraten, le 9 mars 1898 ; Göteborgs Handels- och Sjöfartstidning, le 26 mars et le 21 avril 1898. 

7Socialdemokraten, le 24 janvier 1998 ; Dagens Nyheter, le 26 septembre 1899. 

8Il s’agit de la pièce de Rehfisch & Herzog. 

9Il s’agit de la pièce de Grumberg (écrite en 1973 et traduite en suédois l’année suivante). 

10Stockholms dagblad, le 10 décembre 1913 ; Norrskensflamman, le 5 avril 1919 ; Norrskensflamman, le 13 octobre 1921 ; Söderhamns Tidning, le 5 juillet 1923 ; Norrskensflamman le 22 mars 1926 ; Söderhamns tidning, le 6 août 1927 ; Dagens Nyheter, le 24 septembre 1932 ; Trelleborgstidningen, le 21 novembre 1933 ; Dagens Nyheter, le 28 avril 1935 ; Sölvesborgstidningen, le 31 janvier 1946 ; Aftonbladet, le 7 décembre 1951 ; Svenska Dagbladet, le 29 mai 1957 ; Aftonbladet, le 9 mars 1958 ; Dagens Nyheter, le 10 octobre 1972 ; Dagens Nyheter, le 22 avril 1973 ; Aftonbladet, le 1er mars 1975 ; Svenska Dagbladet, le 3 février 2016 ; Expressen, le 16 novembre 2017 ; Göteborgs-posten, le 12 juin 2018. 

11Svenska Dagbladet, le 30 avril 1910 ; Falu Länstidning, le 5 septembre 1926 ; Svenska Dagbladet, le 27 janvier 1927 ; Aftonbladet, le 20 mars 1944 ; Svenska Dagbladet, le 29 mai 1957 ; Svenska Dagbladet, le 1er décembre 1960 ; Dagens Nyheter, le 18 février 2016. 

12Göteborgs Aftonblad, le 17 août 1923 ; Dagens Nyheter, le 3 mai 1936 ; Aftonbladet, le 6 février 1979. 

13Dagens Nyheter, le 27 novembre 1897 ; Kristinehamnstidningen, le 4 juillet 1907 ; Göteborgs Aftonblad, le 9 janvier 1912 ; Falu Länstidning, le 5 septembre 1926 ; Expressen, le 18 août 1952. 

14Göteborgs Dagblad, le 29 janvier 1909. 

15Stockholms Dagblad, le 18 février 1909 ; Stockholms Dagblad, le 11 octobre 1913. 

16Stockholms Dagblad, le 18 octobre 1909 ; Stockholms Dagblad, le 6 avril 1911. 

17Aftonbladet, le 2 janiver 1911 ; Aftonbladet, le 30 août 1912 ; Sölvesborgstidningen, le 22 novembre 1913 ; Norrskensflamman, le 13 août 1918 ; Arbetartidningen, le 31 décembre 1951 ; Aftonbladet, le 5 juin 1994. 

18Stockholms Dagblad, le 27 août 1915 ; Arbetartidningen, le 11 décembre 1952 ; Arbetartidningen, le 13 avril 1964 ; Expressen, le 10 décembre 1972. 

19Aftonbladet, le 8 juin 1926 ; Aftonbladet, le 26 septembre 1980. 

20Falu Länstidning, le 13 octobre 1927. 

21Aftonbladet, le 4 avril 1932 ; Dagens Nyheter, le 14 mars 1936 ; Svenska Dagbladet, le 17 novembre 1942 ; Aftonbladet, le 20 mars 1944 ; Dagens Nyheter, le 4 juillet 1947 ; Aftonbladet, le 21 décembre 1950 ; Aftonbladet, le 7 décembre 1951 ; Aftonbladet, le 27 novembre 1954 ; Expressen, le 11 juillet 1957 ; Aftonbladet, le 9 mars 1958 ; Dagens Nyheter, le 15 février 1961 ; Expressen, le 17 mars 1974 ; Svenska Dagbladet, le 24 septembre 1976 ; Aftonbladet, le 5 février 1992 ; Svenska Dagbladet, le 15 januari 1994. 

22Dagens Nyheter, le 27 octobre 1935. 

23Sölvesborgstidningen le 31 janvier 1946 ; Expressen, le 9 novembre 1977. 

24Svenska Dagbladet, le 15 mai 1955. 

25Svenska Dagbladet, le 29 mai 1957 ; Aftonbladet, le 9 mars 1968 ; Dagens Nyheter, le 22 février 1997. 

26Expressen, le 4 février 1973. 

27Aftonbladet, le 15 septembre 1981. 

28Dagens Nyheter, le 29 mars 2001. 

29Il en va de même avec « J’accuse ». Le 12 avril 1946, on voit même l’article modifié en figure de style : « Le livre est un J’accuse », annonce-t-on dans Expressen par rapport à un ouvrage sur l’Italien Nobile. 

30Falu Länstidning, le 13 octobre 1927 ; Dagens Nyheter, le 26 juillet 1951 ; Svenska Dagbladet, le 25 février 2003. 

31C’est par exemple le cas dans Aftonbladet le 11 juin 1973, Expressen le 9 novembre 1977, Aftonbladet le 3 juillet 1982 et Svenska Dagbladet le 11 mai 1996 et le 3 mars 2016. 

32Expressen, le 11 juillet 1957. 

33Aftonbladet, le 7 décembre 1934. 

Déclaration de conflit d’intérêts

L’auteur n’a pas d’intérêts concurrents à déclarer.

Références

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